La gratitude au travail : un antidote au stress
Une étude menée par l’Université de Californie (San Diego) montre qu’exprimer sa gratitude au travail — même envers des collègues avec qui l’on n’est pas très proche — peut réellement améliorer notre manière de faire face au stress.
Dans l’expérience, les participants commençaient par partager soit un moment de leur journée, soit un geste pour lequel ils étaient reconnaissants envers un collègue. Ensuite, ils devaient travailler ensemble sous pression : imaginer un nouveau vélo, créer un plan marketing, puis préparer un pitch… le tout en quelques minutes, avant de présenter individuellement leur idée devant des évaluateurs impassibles.
Des effets physiologiques mesurables sur le stress
Résultat :
Ceux qui avaient échangé un moment de gratitude présentaient un profil physiologique de stress plus sain : meilleure circulation sanguine, plus d’oxygène vers le cerveau et réactions plus adaptées aux défis.
À l’inverse, ceux qui n’avaient pas partagé de gratitude manifestaient davantage de signes de « menace » physiologique, rendant le stress plus difficile à gérer.
Selon le chercheur Christopher Oveis, la gratitude renforce notre sentiment de soutien social et augmente la confiance en soi — deux facteurs qui amortissent l’impact du stress, surtout dans les moments d’évaluation ou de performance.
En bref : exprimer sa gratitude au travail n’est pas un simple geste de courtoisie — c’est un véritable outil de résilience.
La gratitude peut-elle redonner du sens au travail ?
Le Dr Leif Hass raconte comment, après des années de pratique médicale parfois marquées par le cynisme, la gratitude a transformé sa manière de vivre son métier. En offrant de sincères remerciements à ses patients et à leurs proches, il a redécouvert son travail comme un privilège plutôt qu’une simple responsabilité.
Les recherches en psychologie positive soutiennent son expérience. Depuis les années 1990, les études de Robert Emmons et de nombreuses autres équipes montrent que cultiver la gratitude améliore durablement l’optimisme, la santé émotionnelle, les relations et même la santé physique.
La gratitude activerait un « cycle vertueux » où reconnaître un geste reçu, en ressentir l’effet positif et vouloir le transmettre crée un sentiment plus profond de sens et de connexion.
Pourquoi la gratitude n’est-elle pas naturelle ?
Notre cerveau est programmé pour voir d’abord les menaces et pour s’habituer rapidement à ce qui va bien. Pratiquer la gratitude devient alors un antidote : elle nous ramène à ce qui fonctionne, à ce qui est précieux, à ce qui nous relie.
Six portes pour cultiver la gratitude au travail (selon Hass)
-
Remarquer ce qui va bien au lieu de laisser le négatif dominer.
-
Prendre une pause de quelques secondes pour réellement ressentir les émotions positives.
-
Se rappeler que chacun — collègue, client, fournisseur — vit une histoire humaine profonde.
-
Dire merci avec authenticité, en disant ce que cela signifie vraiment.
-
Voir son métier comme un service, un espace où l’on touche à la dignité humaine.
-
Prescrire la gratitude, l’intégrer dans nos pratiques quotidiennes pour nous-même et pour ceux que l’on accompagne.
La gratitude : une source durable de sens et d’humanité
La gratitude n’efface pas la difficulté du travail. Mais elle en révèle la beauté.
Elle transforme la routine en présence, la lourdeur en sens, et les interactions en moments de connexion profonde.
Cette pratique n’est pas qu’un geste spirituel : c’est une manière concrète de retrouver énergie, sens et humanité dans un travail exigeant. La gratitude devient alors une ressource intérieure qui soutient notre engagement et notre bien-être.
Commentaires récents